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La galerie Arcima présente l'oeuvre de
MESSAOUD KHALDI
du mardi 18 janvier au dimanche 6 février 2011

Né en 1953 à Bordj Bou Arreridj en Algérie, Messaoud Khaldi vit en France depuis sa tendre enfance. Dans la filiation du surréalisme, l’artiste trace sa propre voie, celle d’un monde fantastique et onirique. Il se qualifie d’ailleurs d’ « hyporéaliste » afin d’insister sur la puissance imaginaire de son travail. Il s’exprime dans une gamme colorée allant du vert acide au jaune profond enrichi de roses flamboyants grâce à une gestuelle fulgurante et pourtant délicate. De fines couches successives de peinture à l’huile actualisent, par ses thématiques, une technique picturale traditionnelle qui est contrebalancée par des rehauts de peinture en pleine pâte donnant toute sa transparence, sa profondeur et sa fluidité à son œuvre. L’alliance subtile de glacis à une touche gestuelle et expressive produit une tension, source de contrastes. Tout semble en état de suspension, une forme d’apesanteur similaire aux toiles d’Yves Tanguy, mais couplée à un mouvement singulier imprévu.

Les éléments picturaux, des matrices et des cellules pleines de vies font irruption dans un monde fluide, quasi galactique. Une sorte de coquillage est pris dans un tourbillon de matière qui emporte et aspire tout sur son passage. De fines tiges, qui se transforment en pattes d’insectes, d’éléphants rachitiques, en béquilles daliniennes, structurent l’espace ou assurent un équilibre précaire à des figures énigmatiques. Des organes imaginaires, des créatures étranges se développent dans un espace à la fois aquatique et sidéral, dont la géographie instable est sans cesse revisitée.




 



Ce monde fantastique fait de surfaces lisses parfois gélatineuses et oléagineuses, épousent un relief aux circonvolutions et contours indéfinissables. Vitalité et énergie créatrice traversent ses formes molles ou anguleuses en pleine mutation. L’artiste procède d’ailleurs d’un échange spontané avec la toile pour faire surgir l’irréel dans un processus de libération.

De ses toiles aux paysages étranges, inconnus et aux éléments embryonnaires émergent une réflexion sur le devenir et une sensibilité accrue au réel dans la mesure où le monde des apparences est dépassé. Au-delà d’une société utile et productive, c’est un réel qui ne prend sens qu’à partir de deux autres composantes que sont le symbolique et l’imaginaire ; « trois registres essentiels de la réalité humaine » soulignés par Jacques Lacan. En cela, la peinture de Messaoud Khaldi est « hors norme », comme peut l’être la folie ou le rêve, car elle creuse l’esprit humain jusqu’à ses limites et jusqu’à l’impossible à symboliser. Elle touche cette limite de l’irreprésentable qui jouxte parfois le néant. Elle s’adresse aux tréfonds de notre imaginaire pour embrasser l’insondable et l’étrangeté de l’être. Grâce à la virtuosité de sa palette colorée, son œuvre picturale est une invitation à un voyage intérieur, dans les plis et replis d’un imaginaire secret.

Véronique Perriol, directrice artistique
Critique d'art
Paris, le 12 janvier 2011

Galerie Arcima,
161, rue Saint Jacques 75005 Paris
Tel. : 01 46 34 12 26 – http:// arcima.canalblog.com

 


Messaoud Khaldi,

La transgression picturale comme mode de reconstruction d’une identité confisquée, c’est là toute ou partie de la démarche artistique de Messaoud Khaldi. Il lui fallait être LUI d’abord avant d’être artiste, et, de la violence subie et retournée, trouver  intérieurement l’énergie d’un registre d’expression qui pouvait le rendre et le garder libre.

Sortir de la pesanteur d’une histoire franco- algérienne qui sut broyer le devenir de millions d’hommes, au commencement d’une décolonisation sauvage dont il fut, parmi d’autres l’héritier involontaire, prisonnier d’une terre oppressive de celle de ses parents qu’il reçût en héritage, ne sont pas simple habilité du maniement du pinceau et composition des teintes…

 Il lui fallait de ce fardeau d’inhumanisme qu’imprima le colonialisme trouver, en terre de France, un langage nouveau , un langage autre qui ne se relient pas à de l’attendu, à du fichage catégoriel…qui fixent et cantonnent, en fonction de son origine, à un discours qui ne saurait s’affranchir d’un modèle imposé par la violence du « dominant », fusse-t-il vaincu et désavoué par l’Histoire. 

Ainsi, Messaoud s’est construit en dehors du postulat de l’ « O.S », ouvrier-spécialisé, réservé aux nord- africains d’alors ; au destin collectif d’une population soumise au racisme, aux vexations, à la précarité… Cette émancipation ne l’empêcha pas pourtant d’y partager les souffrances, les doutes, les angoisses…

Il était malgré lui, enfant écartelé entre deux mondes, récoltant et collecteur de palettes, de tubes, d’encres … que l’usine des beaux arts de sa ville déversait régulièrement sur la décharge municipale.  Riche de ce tribut amassé, il devint tout doucement vagabond d’éclats coloré, porté par une intuition créatrice se fixant au gré du moment en jeux subtils de positionnements des couleurs selon l’humeur du temps. Il n’avait que quatre ans !



 


A la langue maternelle, à la langue du dehors, il ajoute sa propre langue : celle sensuelle, fluide, innovante, ouverte, inédite…du tracé, du mélange des pigments, de la couleur évolutive… Ainsi, tout lentement, ses toiles tissées tels des boucliers, le préservaient du douloureux présent qu’il avait en partage avec ses pairs l’émancipant d’un enfermement social programmé pour les siens.

Empruntant une voie nouvelle l’écartant de ces coreligionnaires, il s’essaya tout d’abord à leur montrer sa peinture, allant de banlieues en banlieues à leurs rencontres, dans les foyers des travailleurs… Son travail surprenait et étonnait cette population qui l’encouragea pourtant en sachant qu’il était l’un des siens.
Faisant fi des écoles et courants artistiques qu’imposaient les modes et canons picturaux souhaitant l’enfermer dans une peinture normative convenant à l’idée d’une coloration « indigène » où se mouvraient chameaux, gazelles, ânes et odalisques, il sut résister à cette pression et contre vents et marées maintenir coûte que coûte cette forme d’expression qui lui est propre et qu’il dénomme :  « hyporéalisme ».

Sa peinture, aujourd’hui, s’affirme comme une proposition à un nouvel échange entre les deux rives de la Méditerranée, un espace de rencontre pour les nouveaux français de souches ou issus de l’immigration. Son travail force à un regard autre celui du temps du Code de l’indigénat ; le choix de sa grille d’expression résonne comme l’exigence d’une évolution, d’une transformation de la relation humaine entre les diverses composantes citoyennes de la France contemporaine.

Michel Arab, Paris le, 11 mars 2012
    Directeur de la galerie Arcima                                                               Journaliste





 

 

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